Quand les clichés tombent en miettes

En tant que pays de culture et d’histoire, nous ne sommes pas à l’abri de certaines idées reçues et leurs clichés. Alors comment différencier le vrai du faux ? De quel bois est fait un français ?
La baguette et le béret

On imagine le bon français avec son béret vissé sur la tête et sa baguette sous le bras. Disons que c’était vrai jusqu’à la période d’après guerre de 1945. Mais les temps ont changé, et si les français sont toujours de grands consommateurs de pains, il est rare de voir le combo gagnant.
En parlant de combo, entendons-nous bien : la baguette, le béret et notre bon Marcel chantonnant du Piaf sur son vélo. Touristes, ne vous laissez pas piéger au pied de la tour Eiffel.
Le romantisme

Le fameux romantisme, celui des films, des chansons et des poèmes. Oui, l’amour occupe une place importante dans la culture du pays. Mais au quotidien, les grandes déclarations et les roses rouges à chaque coin de rue, c’est plutôt rare. Ici, on vit l’amour plus qu’on ne le met en scène. Désolé mesdemoiselles, Emily in Paris restera une jolie fiction.
L’arrogance

On dit souvent que les habitants sont froids, distants, parfois même arrogants. Disons plutôt que la communication est subtile, voire un peu floue. Le message n’est pas toujours clair, j’en conviens. Quant à la mauvaise humeur, elle tient plus du rythme de vie que d’un trait de caractère national. Dans les grandes villes, on court, on stresse, on grogne. Ce n’est pas une excuse pour manquer de politesse, mais on ne va pas refaire Paris et ses habitants.
La grève, sport national

La grève fait partie du paysage, au même titre que le vin ou le fromage. Le syndicalisme y est solidement ancré et la contestation fait presque partie du patrimoine. 1936 et le Front populaire, Mai 68 et ses pavés. Les grandes réformes ont rarement été offertes, elles se sont gagnées dans la rue. Le peuple a toujours préféré le rapport de force à la résignation.
Mais les temps changent. Si les grandes causes peuvent encore mobiliser, les syndicats, eux, peinent à recruter. Depuis les années 80, le nombre d’adhérents s’effondre, tout comme le bloc socialiste qui les portait. Alors non, nous ne sommes plus ce peuple en révolution permanente, mais quand quelque chose coince, on sait encore descendre dans la rue.
L’exception française

L’idée d’une “exception” qui placerait le pays au-dessus des autres reste un mythe. Oui, la culture et l’histoire sont riches. Mais il ne faut pas oublier que nous faisons partie d’un ensemble plus large. Ancrés dans l’espace européen, connectés au monde, nous partageons les mêmes défis que nos voisins : économie, écologie, migrations, tensions sociales.

