La bise : le casse-tête à la française

La bise, c’est ce rituel qui charme ou terrifie les étrangers depuis la nuit des temps. Mais qui la fait, pourquoi, et combien de fois faut-il s’y coller ?
Un baiser du passé

La coutume de s’embrasser pour se saluer ne date pas d’hier : elle remonte à l’Antiquité. Chez les Romains, on se faisait un “osculum”, un petit baiser sur la joue pour montrer son amitié ou son respect. Au Moyen Âge, la noblesse échange des baisers pour marquer la courtoisie… et surtout le rang social. Puis, avec le temps, le geste se répand.
Ok, mais pourquoi la bise ?

Elle sert à dire qu’on se connaît, qu’on s’apprécie. C’est un geste de proximité et de chaleur. On la pratique entre amis, en famille, parfois même entre collègues. Mais attention, la bise n’est pas automatique. Dans certains milieux pros, on reste sur la poignée de main. Et entre hommes, si on n’est pas proches, une accolade suffit.
La vraie question, c’est : combien de bises faut-il faire ? À Paris, deux, c’est la norme. Dans le Sud, trois, parfois quatre. À Nantes ou en Bretagne, une seule. Et en Corse ? Cinq, rien que ça. Pour éviter le malaise du “qui penche où”, il existe même un site, Combien de bises ?, qui recense les habitudes régionales. Mais le plus simple reste encore de suivre le mouvement, et de tendre la joue.
La bise vue de l’étranger

Pour les étrangers, la bise reste mystère. Chez les Anglo-Saxons, elle peut sembler intrusive, voire un peu gênante. Les Japonais, habitués aux salutations plus discrètes comme l’inclinaison de la tête, sont déstabilisés par cette proximité.
Mais dans l’ensemble, la plupart s’adaptent vite… et finissent même par y prendre goût ! Les Américains, par exemple, adoptent la bise dans certains milieux influencés par la culture européenne. Et il n’est pas rare de voir des expatriés repartir avec ce petit réflexe dans leurs valises.
Coronavirus, connard de virus

La pandémie de COVID-19 a mis la bise sur pause. Pour limiter les risques, les autorités ont recommandé d’éviter tout contact. À la place, on a vu apparaître des “checks” de coude, des saluts de la main ou la main posée sur le cœur.
Chacun sa version, mais rien n’a vraiment remplacé la bise. Peu à peu, elle est revenue, discrètement, comme un vieux réflexe qu’on ne perd jamais tout à fait.
Les loupés et ratés en tous genres

Faire la bise, c’est parfois un vrai terrain miné. Vous avancez pour saluer, l’autre recule : il voulait juste vous serrer la main. Ou l’inverse, vous tendez la main et on vous attrape pour une bise surprise. Résultat : un demi-câlin bancal et un moment de gêne partagé. Ces petits ratés font partie du jeu.
La bise forcée

Parfois, elle n’a plus grand-chose de sincère. La bise devient un geste mécanique, un réflexe social qu’on subit plus qu’on ne partage. Dans les pires cas, elle vire au mauvais présage, comme dans Le Parrain et son fameux “baiser de la mort”.
On la fait par habitude, par politesse, ou pour éviter le malaise. Mais avouons-le, certaines bises se donnent à contrecœur, surtout quand la personne a visiblement oublié de prendre sa douche.

