L’amour des français pour la bande dessinée

La bande dessinée n’est pas qu’un loisir. Considérée comme le neuvième art, elle séduit toutes les générations. Du gaulois Astérix aux visions de Moebius, BD rime avec créativité.
Aux origines de la BD
En France, les origines de la bande dessinée remontent à la fin du XIXᵉ siècle avec La Famille Fenouillard de Georges Colomb. Ce nouveau langage, qui associe texte et images, ouvre la voie à un format inédit. Au début du XXᵉ siècle, la popularité grandit avec l’apparition de Bécassine, figure récurrente et attachante. Les récits sont à la fois humoristiques et satiriques.
C’est après la Seconde Guerre mondiale que la bande dessinée prend véritablement son envol, avec l’apparition de magazines dédiés : Le Journal de Tintin et Le Journal de Spirou. Ces publications propulsent une nouvelle génération de héros et posent les bases du style franco-belge. Parallèlement, le pays forge rapidement sa propre identité, en privilégiant les récits d’aventure, l’expérimentation graphique et la critique sociale. Cette orientation annonce les futurs succès, à l’image de René Goscinny et Albert Uderzo.
Les meilleurs auteurs
La bande dessinée naît de la créativité d’auteurs talentueux. Leurs histoires et leurs personnages sont devenus, parfois malgré eux, des symboles.
- Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo : symbole de la résistance et de l’humour gaulois, un classique incontournable.
- Tintin de Hergé : bien que belge, les aventures du célèbre reporter sont devenues immensément populaires mondialement.
- L’Incal de Moebius : un chef-d’œuvre de la science-fiction, coécrit avec Alejandro Jodorowsky, plongeant dans des mondes futuristes.
- La Trilogie Nikopol de Enki Bilal : des récits dystopiques, où s’entremêlent critique politique et univers intrigants.
- Les Passagers du Vent de François Bourgeon : une fresque historique remarquable, célèbre pour son réalisme et ses aventures captivantes.
- Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi : un mélange d’aventures fantastiques et de mystères au cœur de Paris, emblématique.
- Persepolis de Marjane Satrapi : un roman graphique autobiographique offrant un regard poignant sur la révolution iranienne qui a profondément touché le public français.
Apprendre la bande dessinée
La France est un acteur majeur de la bande dessinée, grâce à ses artistes mais aussi à ses écoles reconnues. L’École Émile Cohl à Lyon, l’EESI à Angoulême et les Gobelins à Paris forment les talents de demain. Les programmes couvrent le dessin traditionnel, l’animation et les nouvelles techniques numériques.
Fondée en 1984, Émile Cohl est l’une des plus anciennes écoles du genre. Elle met l’accent sur la pratique artistique et les fondamentaux du dessin. L’EESI, installée à deux pas du festival d’Angoulême, offre un lien direct avec le monde professionnel de la BD. Les Gobelins sont réputés pour leur excellence en animation, permettant aux étudiants d’allier narration graphique et image en mouvement.

Le festival d’Angoulême
L’amour des Français pour la BD se retrouve chaque année au Festival International d’Angoulême. Créé en 1974, il est devenu le plus grand d’Europe et l’un des plus reconnus au monde. La ville vit au rythme des expositions, des rencontres et des prix prestigieux, dont le Fauve d’Or qui récompense les meilleures œuvres.
À côté d’Angoulême, le festival Quai des Bulles à Saint-Malo et le salon de Lyon participent eux aussi à la vitalité du neuvième art. Ils mettent en avant de jeunes auteurs, attirent les éditeurs et favorisent la rencontre directe entre créateurs et lecteurs.












