Le béret : des Pyrénées aux avenues de Paris

Illustration Femme Béret 16_9

Le béret fait partie de ces objets du quotidien qui racontent une histoire. Il naît dans les Pyrénées, voyage avec les bergers, s’industrialise puis s’exporte pour finir sur la tête des artistes et des soldats.

Origines modestes

Le terme « berret » vient du gascon à l’origine. Il naît dans le Béarn, au pied des Pyrénées. Au départ c’est un bonnet de laine tricotée, rond, plat et sans bord. Les bergers l’aiment pour sa chaleur, sa résistance et sa facilité d’usage. On peut l’écraser, le mettre dans sa poche, le maltraiter et miracle : il reprend toujours sa forme.

Très vite, le béret dépasse la montagne. On le porte dans toute la moitié sud, puis dans les villes et sur les marchés. Il protège de la pluie fine, il ne gêne pas le regard, il se bascule à gauche ou à droite selon l’habitude. Peu à peu, il franchit aussi les frontières : Espagne, Amérique latine, Italie… Partout, sa simplicité plaît.

Un détail : la petite « queue » au sommet s’appelle le « cabillou ». Ce n’est pas décoratif à l’origine, c’est le reste du fil de fermeture. Autre détail technique : le « jonc », ce fin montage qui renforce le tour de tête, souvent en cuir, et donne sa tenue au béret.

Aux armes et cætera

Pourquoi le béret est-il devenu le symbole de la France ? D’abord parce que la IIIᵉ République le fige dans l’imaginaire du « petit peuple ». Le béret c’est à la fois l’ouvrier, le paysan et le soldat en permission. Et puis, les artistes s’en emparent : peintres, poètes, chanteurs… Sur les photos, un béret suffit à dire « France », comme on le ferait avec une baguette ou une marinière.

Le monde militaire lui donne aussi une seconde vie. En 1889, une décision ministérielle adopte un béret de type béarnais pour les chasseurs alpins. Le modèle est large, presque une « tarte » de 38 cm. Il protège correctement du froid et devient l’icône des troupes de montagne. Bientôt, d’autres unités en France et ailleurs choisissent le béret, chaque couleur ayant sa signification (vert, rouge, bleu…).

Sa mode n’est pas figée : il part, il revient. Dans les années 1930, il flirte avec la couture. Dans les années 1960, il devient bohème. Dans les années 1990, il se fait discret, et dans les années 2020, il ressort dans la rue. Son atout : il cadre le visage, il se coiffe en un geste, il supporte toutes les matières et toutes les têtes.

Alors, pourquoi reste-t-il à la mode ?

  • Sa polyvalence : un même modèle peut être chic avec un manteau ou décontracté avec un jean.
  • Son prix : du feutre de laine à la pièce haut de gamme, il en existe pour tous les portefeuilles.
  • Son « background » : on porte une histoire, pas seulement un couvre-chef.

Souvenirs made in France

Baguette Béret Duo

Le béret voyage avec les gens, plus qu’avec la mode. Il passe de la montagne aux gares, puis aux valises. On l’offre en souvenir, on le porte pour une photo, on le garde comme un petit morceau de France. Dans les films, les affiches et les dessins, il sert de raccourci visuel : une silhouette au béret suffit à poser le décor tricolore.

Il crée aussi du lien. On le voit dans les fanfares, les clubs amateurs, les chorales, les fêtes de village, les voyages scolaires. Il aide à former un « nous » simple, facile à identifier. Dans une famille, il circule entre générations : un grand-père le porte au quotidien, un enfant l’essaie pour s’amuser, un ado l’enfile pour un repas de famille.

Le béret reste intemporel parce qu’il s’accorde avec notre époque. Sobriété, longévité, réemploi et lisibilité (un symbole qu’on comprend vite). Il est unisexe, transgénérationnel et compatible avec tous les styles. Mais surtout, il raconte une belle histoire : en portant un béret, vous portez un peu de la France en vous.


Baguette Minitel

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