Pourquoi le coq représente-t-il la France ?

Illustration Coq Gaulois 16_9

Le coq est partout en France : sur les maillots sportifs, les monuments, les timbres et parfois même les clochers. Mais pourquoi cet animal de ferme, bruyant et arrogant, est-il le symbole du pays ?

Des origines romaines

L’histoire commence avec une coïncidence linguistique. En latin, le mot gallus désigne à la fois l’habitant de la Gaule et… le coq. Les Romains s’amusent de ce jeu de mots, pour se moquer de leurs voisins gaulois, les comparant à un animal bruyant et orgueilleux. Jules César lui-même aurait employé cette comparaison.

Pendant le Moyen Âge, les chroniqueurs reprennent ce parallèle. Parfois pour ridiculiser les Français, mais surtout pour souligner leur caractère combatif et fier. Le coq, qui chante face au soleil et défend son territoire avec vigueur, finit par être perçu comme un symbole de courage. À partir du XIIIe siècle, on retrouve des représentations de coqs sur des vitraux d’églises ou comme girouettes sur les clochers. L’animal a aussi une dimension chrétienne, liée à l’évangile.

Et aussitôt, un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus:  « Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois ». Et il se mit à pleurer.

De l’Évangile selon saint Marc. 14, 66-68.72

À la Renaissance, une fausse croyance se répandit : le coq aurait été l’emblème des Gaulois avant la conquête romaine. Historiquement incorrect, cette idée fut adoptée par les érudits de l’époque. Les rois de France commencèrent alors à intégrer le coq dans leur iconographie, aux côtés de la fleur de lys. Louis XIV fit sculpter des coqs sur les colonnes, ce qui fait qu’on le voit représenté au Louvre ou à Versailles.

Monument aux Girondins, Bordeaux (France)
Monument aux Girondins, Bordeaux (France)

En passant par la Révolution

À la Renaissance, l’animal sort des églises pour apparaître dans des contextes plus politiques. Les rois de France utilisent surtout la fleur de lys, mais certains humanistes redonnent vie à l’image du coq gaulois pour incarner le peuple. Pendant la Révolution, le coq apparaît comme une alternative au lys royal. En 1793, il figure sur certaines pièces de monnaie et sur des sceaux officiels. Pourtant, il ne devient jamais l’emblème officiel de la République, contrairement au drapeau tricolore ou à Marianne.

Napoléon Ier rejette l’idée du coq, qu’il juge “pas assez puissant”. Il déclare : « Le coq n’a point de force, il ne peut être l’image d’un empire tel que la France ». Il préfère alors l’aigle, symbole impérial hérité de Rome. Le coq fut réhabilité sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Le roi Louis-Philippe ordonna de l’apposer sur les boutons d’uniforme de la garde nationale et sur les drapeaux. On le retrouve alors sur des médailles, des frontons de mairie et des monuments commémoratifs.

Le coq prend une dimension encore plus forte avec la démocratisation du sport. Dès 1914, la Fédération Française de Football adopte le coq comme emblème officiel. Il figure ensuite sur le maillot bleu des Bleus et devient l’image la plus connue du sport français dans le monde. La Fédération française de rugby fait de même, et le coq s’impose comme le symbole sportif par excellence. Dans les Jeux olympiques, il accompagne les délégations françaises. On l’aperçoit sur les podiums, les drapeaux et les mascottes.

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